jeudi 30 août 2012

Poèmes pour grandir. Pour creuser.

Mettre à l'honneur "l'esprit d'enfance", selon l'expression d'Alain Serres, est une nécessité pour la poésie. Alors quoi? Nous ferions de la poésie pour enfant, naïve et innocente? Non, nous ferons de la poésie traversée par l'esprit d'enfance.  Il ne s'agit donc pas de publier une poésie plus facile ou diminuée mais de créer un livre qui fasse vivre la poésie avec dessins et collages, de créer un livre qui soit léger par le format et profond par le contenu. Ceci n'est pas impossible comme en témoigne l'existence de la collection "Poèmes pour grandir" chez Cheyne et des éditions "Rue du monde".

C'est le cœur de la poésie de s'adresser aussi aux enfants et de placer l'imagination avant la représentation. L'éducation et l'enseignement tendent trop souvent à apprendre à l'enfant à faire usage du raisonnement et de la logique au détriment de l'imagination ou du rêve. Je rêve, quant à moi, qu'on parvienne un jour  à ne pas supprimer l'une au profit de l'autre, que l'on entendra plus seulement: "Réfléchis", "sois logique", "argumente", mais aussi "regarde", "imagine", "rêve", "invente"... Notre Education Nationale a voulu former, dans de bonnes intentions, des savants qui auraient tout lu et tout vu. L'excès inverse nous guette désormais.Comment résister, si ce n'est en réaffirmant le pouvoir de la création - et donc de la liberté individuelle? Et pourquoi ne pas faire lire ou lire ces quelques pépites  : 

Le bourdon
visse
et revisse
les atomes 
d'odeurs

*

Un volubile
moustique
pique
et tue
un silence
 
*

Blanche
est la colombe
quand
elle ne veut pas
mourir

(Alain Serres, le Bestiaire des mots)
 
 
 
**

Trompette

Nez à musique entre les oreilles
d'un éléphanteau.
 
Rayon
 
Brin de soleil qui s'est pris
dans les roues d'un vélo.

(David Dumortier, Cligne-musette)

 
Puissions-nous tous devenir du muguet, gagner en douceur ce que le monde gagne en dureté!


Muguet

Manifestation de clochettes
dans un monde de battants.


(David Dumortier, Cligne-musette)
*

Le bestiaire des mots, petits poèmes à cinq pattes. Alain Serres. Cheyne, coll. "poèmes pour grandir".
Cligne-musette, poèmes diminutifs et gymnastiques. David Dumortier, collages de Martine Mellinette, Cheyne, "poèmes pour grandir".


Deux éditeurs:

mercredi 29 août 2012

"Demain, ça dure combien de temps ?"




Premier choc lundi soir. Dans le cadre des Lectures sous l'arbre 2012, le cinéma du Chambon-sur Lignon projetait L’Eternité et un jourd’Angélopoulos (palme d'or en 1998). Ce film est le plus beau qu'il m'ait été donné de voir dans ma vie (avec ceux de Terence Malik). Une merveille absolue qui m’a sidérée. Tout, absolument tout, y est poétique et époustouflant.

*

Un écrivain célèbre, à la veille d’entrer à l’hôpital, proche de sa mort, rencontre un jeune garçon albanais, travailleur illégal et réfugié dans la ville. Après l'avoir sauvé des poursuites de la police, commence alors un voyage à deux à travers la ville. 
Alexandre, écrivain et poète a passé sa vie à partir, à s’absenter. Seule l’écriture a été sa poursuite. L’acteur qui porte ce rôle massif n'est autre que Bruno Ganz, à la  présence physique bouleversante. Souvent filmé de dos, comme s’il était déjà parti, sa silhouette d’un bloc et sans compromis, à côté de celle de l'enfant, déjà amoché par la vie et le monde.

*

Les images de ce film sont de toute beauté et toutes les questions posées par le film  bouleversent les êtres en quête de sens : la frontière, la limite, la mort… La première  dure et s'étire : une fenêtre et des rideaux. La fenêtre d’une maison au bord de la mer, les rideaux bougent. On entend deux enfants se chuchoter quelque chose: il raconte l'histoire d'une ville engloutie sous la mer. Métaphore de l'enfance? Mythe englouti par le présent?  Un petit garçon en costume de bain sort à pas de loup de la chambre tandis que l’on entend le rire de la mère, sans doute avec un homme à cette heure. L’enfant écoute, en profite pour sortir délicatement et rejoindre deux camarades sur la plage. Il passe la véranda de bois. Trois enfants de dos courent vers la mer et nagent, encore et encore, avec décision, comme s'ils allaient continuer jusqu'au bout : image de splendeur. Et une voix tout à coup appelant l'enfant  « Alexandre ». La même voix que celle qui reviendra tout au long du film : celle de la  mère, celle de la femme, celle de la présente à l'absent. C'est le début du voyage. Plus tard, on retrouvera Alexandre, vieux et malade, immobile et seul, devant le spectacle des vagues, sa gabardine bleue marine sur les épaules. Est-ce cela vieillir : avoir un manteau à la plage et quitter peu à peu les éléments?

*

Les couleurs du présent et du passé s’entremêlent; aux scènes du passé, bleues et blanches, succèdent celles du présent : une Grèce misérable, pauvre, urbaine, pluvieuse. Il pleut toujours dans le présent. Bond dans le présent soudain et une scène bouleversante : le vieil écrivain, dans un appartement presque vide, dit adieu à son aide ménagère. Elle pleure, prodigue les derniers soins (nourrir le chien, faire le café) et lui demande de l’accompagner à l’hôpital. Mais il veut rester seul, quitter seul le monde. Il reste assis là, avec son chien. Le bureau est presque vide. C'est une des nombreuses images poétiques qui peuplent le film, les non-dits d'Angélopoulos  frappant le spectateur de plein fouet.Rien à expliquer, les choses parlent d’elles-mêmes. On ne sait d’ailleurs pourquoi Alexandre s’embarque dans ce voyage avec un enfant qu’il ne connaît pas, peut-être parce qu’il n’a rien à perdre, qu’il doit enfin être là, ici et maintenant. Peut-être aussi pour éviter l’hôpital. Ou pour dilater le temps de la dernière journée...



*

Les figures de la frontière sont récurrentes dans l'Eternité et un jour: frontière géographique, frontière entre la vie et la mort, le passé et le présent. Un rien suffit à nous faire passer de l’instant au souvenir : une musique, un visage, une voix.  Et la joie est sans cesse teintée de douleur. Comme cet étrange mariage où les deux élus dansent dans la  rue, sans sourire, suivis d'une cohorte de vieilles femmes et d’hommes. Les enfants les suivent aussi, comme des chiens errants, désœuvrés.

La tristesse dans les moments de joie, l’omniprésence de la mort, pèsent sur le spectateur. Angélopoulos remue un couteau dans le ventre du spectateur  lors de la scène de la morgue : le jeune albanais va y retrouver son camarade tué, battu ou renversé par une voiture. Lentement il retire le drap et le visage tuméfié, rouge, de Selim apparaît. Cette image presque insoutenable renvoie le spectateur à sa propre idée de la mort. A voir ce jeune garçon contempler son camarade dans la chambre froide, nous, spectateurs, nous sentons oppressés, incapables comme lui de faire face.

*


A plusieurs reprises, le film est traversé par la voix de la femme d’Alexandre. Ce sont les mots d'une lettre dans laquelle elle lui dit son amour et dans laquelle elle ne lui demande qu'une chose : « Donne moi ce jour ». Et l’on comprend qu’elle a aimé un absent : « tu es là mais pas avec nous », dit-elle.  Lorsque l'on fête la naissance de leur fille, l'écrivain préférera s'éclipser pour grimper sur une montagne. Plusieurs fois, on voit danser cette femme, belle, vivante, radieuse, mais blessée par l’absence de l’homme muré dans l’écriture, les voyages. Il aura couru après tant de choses, oublié l’essentiel : être là, ici et maintenant. Durant toute sa vie, il n’aura pas compris les paroles de l'aimée. Il les entendait pas. Sur la plage, il lui demande : « dis, demain, ça dure combien de temps ?». Elle répond : « L’Eternité et un jour ».  Maintenant qu’il va mourir, il comprend. Mais il est trop tard et le regret n'aura pas fini de travailler l'homme malade. Bouleversants aveux d'un homme soudain réveillé par des certitudes douloureuses. Il lui faut atteindre la fin de sa vie pour comprendre qu'il a tout ébauché, qu'il a toujours vécu en exil et qu'il n'a jamais su rendre à sa femme tout l'amour qu'elle lui a donné. 

De cette incapacité à vivre découle une incapacité à créer. Le poète tente ainsi en vain de terminer le poème inachevé d'un auteur du XIX° siècle. La solitude et l'absence de communication qui caractérisent le personnage sont soulignées par une silhouette large et massive. Un  bloc contrastant avec la légèreté de la femme danseuse, en robe blanche...

*

J'oublierai une part importante de ce film en n'évoquant pas l'aspect politique de cette œuvre qui dénonce, sans le dire, l'absence de liberté, la violence, la misère. Qui s'interroge, aussi, sur le devenir du monde moderne.  Une image revient à deux reprises : des hommes suspendus aux fils de la frontière, tels des morts vivants immobiles, ou des notes de musique. Ils regardent, ne bougent pas, ils semblent enlisés, prisonniers. La Grèce bleue et claire s'est envolée au profit de la laideur. Que vaut la silhouette de l'homme face aux énormes et obscènes panneaux publicitaires? C'est la question que semble poser à plusieurs reprises Angélopoulos. La mer et l'orage ont cédé la place à la pluie.




La science aiguë de la critique verra sans doute des défauts à ce film, et il y en a. Mais aimer, c'est aimer entièrement. Tous les "mais" du monde satisferont l'homme raisonné en recherche de vérité, ils ne seront rien pour l'amoureux en recherche de justesse. Je conseille à tous de voir ce film magnifique et rare. Notre société étant plus avare de beauté que d'hommages, le film n'est plus distribué. Le DVD lui-même est amputé de quinze minutes, probablement pour nous désapprendre à regarder lentement. La longueur du film sera sans doute rédhibitoire pour beaucoup, habitués que nous sommes à rentrer dans les formats imposés.

En sortant de la salle, j'entendis une femme s'écrire: "c'est pas beau, et c'est d'un triste!". Je ne partage absolument pas ce jugement, vous l'aurez compris. Oui, le film d'Angélopoulos est long, mais il est limpide. Il faut ce temps pour faire sentir au spectateur le poids du temps qui passe. Ce n'est pas seulement un discours sur la mort et le sens de la vie, c'est une manière de renvoyer le spectateur à sa propre vie. Oui, ce film est triste, mais il est stimulant car il nous dit de ne pas nous perdre. Il invite à vivre. Oui, ce film est beau, précisément parce qu'il est d'une extraordinaire lucidité, et parce qu'il reflète la condition humaine. Et c'est là dedans qu'il faut se tenir debout. Il n'y a pas d'ailleurs. Serrez les bonheurs qui vous sont offerts...



Théo Angelopoulos, L'Eternité et un jour, 1998.

La fiche et la bande annonce

vendredi 10 août 2012

Pourquoi grimper sur les montagnes?

 Mont-Blanc (c) Lysiane Rakotoson

Pourquoi grimper sur les montagnes? Voici une question à laquelle répond un livre qui plaira à ceux pour qui le corps importe autant que l'esprit. Il séduira plus encore aux amoureux de la montagne, de la marche ou de l'escalade. Le point de vue adopté est celui d'un professeur de philosophie, Patrick Dupouey, à la fois agacé par les propos trop métaphysiques sur la montagne et l'orgueil de ses "pratiquants". Avec trente-cinq ans de montagne dans les jambes, les mains et les yeux, Patrick Dupouey peut aborder une infinité de sujets, utiliser de multiples références sans pour autant nous assommer de citations obscures.

L'auteur utilise la philosophie à bon escient et nous met en garde contre les interprétations systématiquement métaphysiques (ou les justifications morales) concernant la montagne. De même balaye t-il d'un revers de manche les répliques ignorantes de ceux qui croient que l'on va à la "rencontre de la mort", "que l'on se rue sur le Mont-Blanc" ou qu'un alpiniste a "soif de danger". Non, répète t-il avec justesse, il y a d'abord de l'amour dans la montagne, et non un étrange masochisme. L'ignorance et les préjugés étant rapidement mis de côté, Patrick Dupouey déplie sa réflexion sur une vingtaine de chapitres. De la lumière à la liberté en passant par le vertige et le sublime, il convoque les philosophes et les écrivains, non pour donner une quelconque justification morale aux activités en montagne, mais pour éclaircir, ce qui, en elle, peut fasciner.

Le livre est avant tout un éloge de l'activité physique (même s'il la critique aussi, on le verra plus bas). Que l'on marche, que l'on randonne plus sportivement, que l'on grimpe, que l'on se hisse sur des cascades de glace, la montagne permet de prendre conscience de la matière. La nôtre, d'abord, c'est-à-dire notre corps, nos mains, nos muscles. Il peut sembler tout à fait banal de louer l'activité physique, mais la chose n'est pas encore parfaitement intégrée par nombre de nos intellectuels. Très récemment, l'un d'eux accusait les citoyens de courir et de ne plus lire. Il faut n'avoir jamais couru plus de quelques minutes pour ignorer que la course peut toucher à un degré de concentration qui n'a rien à voir avec de l'agitation ou de la gesticulation. Patrick Dupouey insiste, dans un très beau chapitre intitulé "l'effort", sur les joies procurées par la montagne, par l'effort de la marche ou de l'escalade.

"Ceux qui disent que l'homme cherche le plaisir et fuit la peine décrivent mal. L'homme s'ennuie du plaisir reçu et préfère de bien loin le plaisir conquis: mais par-dessus tout il aime agir et conquérir; mais par-dessus tout il aime agir et conquérir; il n'aime point pâtir ni subir; aussi choisit-il la peine avec l'action plutôt que le plaisir sans action [...] Faire et non pas subir; tel est le fond de l'agréable" (Alain).
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Aimer la montagne, c'est aussi aimer passionnément la matière: la lumière, les nuages, et surtout, la pierre. C'est Bachelard qui est ici convoqué. Dans l'Eau et les Rêves, il souligne à quel point la beauté ne réside pas seulement dans la forme, mais aussi dans la matière même. Et l'auteur de commenter ainsi: "L'intérêt pour la roche et ce qu'on pourrait presque appeler sa personnalité, est celui que le profane soupçonne le moins. La texture du rocher, son grain, ses structures et ses sculptures, ainsi bien sûr que ses couleurs, comptent dans la vie d'un grimpeur."
Victor Hugo avait déjà, dans Alpes et Pyrénées, donnait un visage aux pierres. Mais approcher la montagne oblige à passer de la contemplation à l'action: "Le travail contre la matière est une sorte de psychanalyse naturelle. Il offre des chances de guérison rapide, parce que la matière ne permet pas de nous tromper sur nos propres forces. [...] "Faire effort, c'est exister soi-même et faire exister les choses autour de soi, précisément parce qu'une volonté n'est réelle qu'à partir du moment où elle rencontre une résistance". Bachelard


Parler de la montagne, c'est aussi faire l'éloge de la liberté, de l'errance, du chemin découvert. Car on apprend des choses essentielles en marchant, on apprend à s'orienter, à lire le paysage, on se familiarise (dans la mesure du possible), avec ce qui n'est pas balisé. Marcher, c'est aussi s'attacher au minuscule: "la vraie richesse des spectacles est dans le détail et à mesure que l'on sait mieux voir, un spectacle quelconque enferme des joies inépuisables" (Alain).

La montagne est donc aussi le lieu propice à la contemplation et à la méditation. "La contemplation depuis les sommets disposerait à la philosophie. Non à cette spéculation abstraite qui échafaude des systèmes compliqués. Mais à une sagesse pratique faite de sérénité et de détachement." Pour l'auteur, elle réveille en nous "un sentiment lié à la caducité de toutes choses", tout comme le désert" qui offre aussi, à sa manière, une belle image de la mort". Pour preuve, les très expressifs noms de "l'Ailefroide", du "Mont Maudit", "de la Brèche des Tempêtes"...

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Néanmoins, aucun angélisme de la part de Patrick Dupouey qui souligne aussi comment les valeurs et l'esprit précédemment évoqués peuvent être mises à mal. La montagne peut, comme tous les espaces, devenir le lieu du chacun pour soi. Pour ceux qui ont l'habitude de randonner, ils savent que l'on peut vite être dérangé par des groupes de marcheurs hurlant littéralement, faisant porter leurs conversations sur les cuillères et les tomates à un kilomètre à la ronde. Le lac le plus sublime n'inspire plus le silence.
Le tourisme sportif, lui, conduit chacun à consommer le paysage. Les slogans tels que "la montagne à portée de main" ne doivent pas faire oublier qu'elle est un aussi un espace de liberté.
"Alain se moque de ces gens qui courent d'un spectacle à l'autre, évidemment avec le désir de voir beaucoup de choses en peu de temps, en fait surtout pour en parler" (Il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur la compulsion de la photo et de la publication de photos sur divers réseaux sociaux...).

Plus dangereuse, l'idéologie du dépassement de soi et le culte de la performance sont malheureusement monnaie courante en montagne. L'alpinisme notamment, n'échappe pas à ce culte de la virilité, de la force, de l'homme complet, de l'esprit de conquête.  
"L'alpinisme, avec quelques autres sports, a nourri une mythologie un peu suspecte du courage et de la volonté. Le public, extérieur à la chose même, ne demande qu'à croire à l'épopée." (L'auteur rappelle dans la foulée l'usage qui fut fait de l'alpinisme aux temps du fascisme.)

L'auteur n'évoque pas la mode, mais le troupeau ne se trouve pas toujours où l'on pense. Le plancher des vaches compte parfois plus d'êtres émancipés que les cimes, où les moutons viennent faire leur démonstration de force. Et la montagne n'est pas à l'abri des loisirs de masse, des divertissements balisés, créés pour nous, nous retirant la peine de choisir, de décider, de vivre.
 
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Ce livre essentiel, agréable, riche, cerne avec justesse tout ce que l'on peut trouver en montagne : se sentir en sécurité dans l'insécurité, l'apprentissage de la responsabilité et donc de la liberté, l’affutage du corps et donc de l'esprit.
Michel Serres, dans son essai Variations sur le corps, commençait par une dédicace à ses guides de haute montagne qu'il remerciait de lui "avoir appris à penser. L'homme pense tout autant avec son corps, la montagne nous le rappelle, plus encore à ceux qui, comme l'auteur, ont été formés à une gymnastique cérébrale perpétuelle. Souhaitons donc pouvoir dire, comme Nietzsche, que "nous ne sommes pas de ceux qui n'arrivent à penser qu'au milieu de livres, sous l'impulsion de livres - nous avons pour habitude de penser au grand air, en marchant, en sautant, en escaladant, en dansant, de préférence sur des montagnes solitaires ou tout au bord de la mer, là où même les chemins deviennent pensifs. Nos premières questions de valeur, qu'elles portent sur un livre, un homme et une musique, sont les suivantes: sait-il marcher? plus encore, sait-il danser?"






Référence:

Pourquoi grimper sur les montagnes, Patrick Dupouey, Editions Guérin, Chamonix.

Poursuivre avec :


Propos, Alain.
Ethique, Spinoza
Par-delà le bien et le mal, Nietzsche
Le Gai Savoir, Nietzsche
A quoi tient la beauté des montagnes, conférence faite au Club Alpin le 25/11/1897, Russell, Editions Isolato
L'eau et les Rêves, Bachelard
La terre et les rêveries de la volonté, Bachelard
L'air et les songes, Bachelard
La Montagne, 1ère partie, Michelet
Variations sur le corps, Michel Serres
Les Cinq sens, Michel Serres
L'être et le Néant, IV° Partie, chapitre 1er, sections 1 et 2 sur l'effort, le rocher, le randonner, et le ski et la glisse, Sartre.